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BMW Z4

Le roadster roule des mécaniques 

Chez BMW, le roadster se convertit à la mode du toit rigide rétractable sans renoncer à ses gènes sportifs.

Un plus un ne font pas forcément deux. BMW l’a appris à ses dépens avec le premier Z4 décliné, comme son prédécesseur Z3, en roadster à capote en toile et coupé. Un pari audacieux qui s’est soldé par un résultat en demi-teinte, - 180 000 unités en sept ans. Voyant qu’en face, le SLK de Mercedes qui a relancé avec succès en 1996 la formule du « deux en un » n’accusait aucune baisse de régime, les stratèges bavarois ont fini par céder aux sirènes du réalisme. C’est ainsi que la deuxième génération du Z4 réunit désormais le meilleur des deux mondes. N’allez pourtant pas croire que BMW s’est contenté de greffer un toit rigide escamotable au roadster. La Z4 de 2009 est une véritable nouvelle voiture, beaucoup plus aboutie et raffinée.

Dès le premier regard, on tombe sous le charme. Le fait que deux femmes, Juliane Blasi pour la robe et Nadya Arnaout pour l’habitacle, soient sorties victorieuses du concours interne de design y est-il pour quelque chose ? Si l’industrie automobile ne s’embarrasse guère de ce genre de sentiment, cette talentueuse expression féminine est un clin d’œil rafraîchissant. Garée à côté, la première Z4 accuse le coup. A partir d’un empattement identique, la styliste n’a pas seulement relevé le challenge de loger le toit rigide dans le compartiment arrière rallongé de douze centimètres mais livre des lignes plus travaillées et plus athlétiques, attestant que le nouveau style BMW a désormais atteint sa pleine maturité. Vu de profil, les proportions renvoient sans hésitation à celles d’un roadster avec ce long capot rejetant loin derrière l’habitacle, presque posé sur les roues postérieures et motrices. On se glisse donc plus que l’on monte à bord de ce Z4 mais sans contorsions inutiles. Comparé à l’ancien Z4, le progrès est saisissant. Tant dans le dessin que dans le choix des couleurs et des matières, l’ambiance évoque celle du prestigieux roadster Z8. Choyé, le conducteur aura droit à une console dessinée autour de lui, à une visibilité vers l’arrière augmentée de 40 % et au système de centralisation des commandes iDrive de la Série 7. En revanche, on pestera contre l’absence de filet de rangements derrière les sièges et la perte, toit ouvert, de 80 litres de volume de coffre, par rapport au précédent Z4.

Le positionnement nettement plus haut de gamme du nouveau Z4 se mesure aux tarifs qui n’ont plus grand-chose à voir avec sa devancière et à la présence des seuls six cylindres en ligne. Une façon de dégager un espace pour un futur Z2 doté de quatre cylindres ? Dès son lancement le 14 mai, trois versions du six en ligne seront disponibles : 2,5 l de 204 ch, 3 l de 258 ch et 3 l biturbo de 306 ch. C’est ce dernier, équipé de la boîte double embrayage à 7 rapports dont il est le seul à bénéficier, que BMW nous a fait essayer. Dès les premiers kilomètres, les bruits de roulement et les bruits d’air, signe d’une insonorisation perfectible, nous incitent à nous arrêter pour faire disparaître le toit en vingt secondes dans son logement. Dans cette configuration, on est en prise directe avec la respiration ample et rageuse du six cylindres biturbo. Ce bloc qui ne manque pas de ressources excelle dans tous les compartiments du jeu. Son élasticité remarquable relevant d’un couple de 400 Nm, constant de 1 300 à 5 000 tr/mn, permet des reprises tonitruantes et un rythme élevé sans forcer. Et lorsqu’il s’agit de lâcher la bride, les 306 ch vous expédient le 0 à 100 km/h en seulement 5,1 secondes. Le couple formé avec la boîte enchaînant les rapports façon mitraillette et sans à-coups fait merveille, à condition de s’affranchir des palettes au volant décidément peu pratiques. Et pour les sensations, une enivrante détonation ponctue chaque descente de vitesse. En forçant l’allure sur un parcours tourmenté, le surpoids de l’ordre de 100 kilos par rapport à l’ancien roadster, se paye par la paresse du train avant enclin au sous-virage et par l’échauffement des freins. Si dans l’absolu, la Porsche Boxster s’avère plus sportive, il faudra déjà se faire violence pour suivre le train du Z4. Le châssis particulièrement équilibré ménage le confort des occupants, malgré le mode « sport+ » activé et la présence de l’amortissement piloté M et des pneus taille basse 19 pouces. A ce sujet, l’amplitude de réglages des trois modes (confort, sport et sport+) du contrôle dynamique agissant sur la réponse à l’accélérateur, la direction, la transmission et reculant le seuil d’intervention du DSC, nous est apparu très étroite.

BMW a réussi son pari. Plus fascinant que jamais, le nouveau Z4 réussit à conjuguer la polyvalence d’usage et le raffinement d’une définition grand tourisme avec les sensations typiques d’un roadster. 




Fiche technique

Moteur : six cylindres en ligne turbo à injection directe d’essence, 2 979 cm3, 306 ch, couple 400 Nm de 1 300 à 5 000 tr/mn.
Transmission : à double embrayage 7 rapports en option.
Dimensions : L. 4,23 m, l. 1,79 m, h. 1,29 m.
Consommation : 9,4 l/100 km.
Emissions CO2 : 219 g/km.

Performances : 250 km/h. Tarif : 49 900 euros.




Galerie photo

Interieur

        


Détail

         


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