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Mercedes McLaren SLR Stirling Moss
Sur la route de la nostalgie
Lultime version de la supercar Mercedes développée avec son partenaire en F1 est une décoiffante barquette renouant avec lesprit des légendaires SLR de course.
Mercedes a le sens de lhommage. Sa dernière Flèche dArgent, surnom donné dans les années 30 à ses machines de course grises, porte sur la console centrale la signature de lun de ses plus brillants pilotes : Stirling Moss. Le champion anglais sans couronne sest notamment illustré en remportant la célèbre boucle italienne des Mille Miglia de 1955. Au volant de la fameuse barquette 300 SLR, il établit le record définitif de lépreuve en 10 heures 7 minutes et 48 secondes, à près de 160 km/h de moyenne. A travers la McLaren SLR Moss, Mercedes célèbre aujourdhui cette association gravée dans les mémoires. Le respect de lhéritage transpire jusque dans les lignes de cette ultime SLR produite à seulement soixante-quinze unités numérotées. A linstar de la voiture de course de 1955, la SLR présente les traits dune époustouflante barquette dont le profil fuselé évoque une lame de rasoir. Et pour éprouver les sensations de Moss sur les routes toscanes triomphantes, cest lesprit de la course à lancienne qui a inspiré ce nouveau bolide : saute-vent symboliques, double bossage derrière le cockpit dépouillé et échappements latéraux.
Evidemment, ce missile de la route déclenche lémeute à chaque arrêt. Passé leffet de surprise, son style démonstratif avec son long capot aplati et ses proportions hors normes - la largeur dépasse deux mètres - hypnotise les observateurs. Le summum est atteint lorsque la porte en élytre se relève. Place aux travaux pratiques. Pour sinviter à bord de lhabitacle exigu, il faut, outre le mode demploi, déployer une souplesse de gymnaste. Après avoir enjambé le bas de caisse en carbone, on se tient debout et on laisse glisser son corps dans le fond du baquet tendu dun cuir capitonné rappelant les motifs à carreaux de son aïeule. On découvre alors un univers passablement remanié par rapport au coupé SLR. Exit la radio et le GPS. Dénudée, la console centrale ne comporte plus que le réglage de la climatisation et deux buses daération. Nespérez pas non plus loger une valise dans le coffre monopolisé par les deux tonneau-cover, des plaques en carbone se fixant à la carrosserie et destinés à recouvrir lhabitacle en cas dondée. Dans ce cas, il sera souhaitable de rejoindre le premier garage. Pression sur le bouton start, le V8 sébroue dans une relative discrétion. Levier de la boîte automatique sur la position drive, la Moss quitte son emplacement comme une banale berline. Une quiétude de courte durée car lorsque laiguille du compte-tours senvole vers la zone rouge, on comprend mieux la nécessité du port des lunettes et du casque ou du bonnet daviateur. Le vent claque le visage comme si vous étiez sous le réacteur dun Airbus au décollage tandis que laccélération vous scotche au dossier. Ajoutez le grondement strident du compresseur et vous tenez les sensations réservées à Moss et ses équipiers. Selon les régimes, le V8 diffuse une sonorité différente, passant dune note assourdissante au cri de guerre de la Walkyrie. Offrant des performances danthologie, le 0 à 100 km/h est exécuté en 3,5 secondes. Cest finalement lapprenti pilote qui rend les armes, épuisé par les rafales de vent qui brouillent les repères et une pédale de frein peu progressive. A 100 km/h, on a déjà limpression dévoluer à 200. Radicale dans ses usages, cette barquette reste pourtant la version la plus aboutie de la série des SLR grâce à une direction plus informative, des suspensions plus tolérantes et une tenue de cap plus reposante.

Fiche technique
Moteur : V8 à compresseur, 5 439 cm3, 650 ch, 820 Nm de couple. Transmission : automatique 5 rapports. Dimensions : L. 4,82 m, l. 2,19 m, h. 1,22 m. Consommation : 14,5 l/100 km. Emissions CO2 : 348 g/km. Vitesse : 350 km/h. Prix : 900 000 euros.
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